TEST : ADRENALINE

Adrenaline est un jeu de plateau avec figurines qui a pour objectif de retranscrire les sensations d’un FPS et plus exactement d’un Fast FPS façon Unreal Tournament (pour n’en citer qu’un seul). Un challenge qui parait difficile à relever puisque la nervosité d’un Fast FPS réside avant tout sur une action frénétique et en temps réel et une bonne connaissance des cartes (pas les mêmes) et des armes. Une très bonne surprise pour un jeu que je n’attendais pas vraiment.

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Avec un Seal of Excellence de Dice Tower sur la couverture en prime

Dans le futur il n’y a pas de scénario

Adrenaline ne s’embarrasse pas d’un scénario. Le jeu pose son ambiance d’une façon décalée avec beaucoup d’humour et les interventions de Violette, l’une des cinq combattants disponibles dans la boîte. Tout le livre de règles est ainsi commenté de façon ponctuelle. C’est un peu potache mais l’effet fait mouche. Ce qui tombe bien pour un jeu où tout est question de viser juste. Le but d’Adrenaline est donc de remporter le plus de points de victoire, en tirant sur tout ce qui bouge.

La direction artistique m’a un peu rebuté de prime abord avec ses couleurs tranchées et son ambiance un peu passe-partout. Mais en lisant les règles et surtout après avoir joué, je trouve que le parti pris prend tout son sens. L’idée est bien de proposer un Fast FPS sur plateau et donc de coller à l’esprit années 90 du jeu vidéo. La mise en page du livre de règles est agréable avec un découpage en deux livres des informations (règles et arsenal). Le tout est finalement très efficace et surtout très agréable à lire.

Le doigt sur la gâchette

La mise en place est rapide avec un plateau modulable réversible en deux parties (pour donc quatre configurations possibles). On pose les cartes armes sur les espaces réservés, on constitue une pioche d’équipements et enfin on détermine la durée de la partie en posant entre 5 et 8 crânes sur la piste de Coup Fatal (à chaque joueur mort on retire un crâne). Le jeu est calibré pour 3 à 5 joueurs et le format est clairement plus fun avec un maximum de joueurs. On prend ensuite l’une des figurines (les personnages n’ont pas de compétence propre) sa fiche de référence (en deux parties réversibles) ainsi que les jetons de dégâts à sa couleur. Enfin on stocke trois cubes de couleurs translucides sur sa fiche, un bleu, un rouge et un jaune, qui représentent les trois types de munitions.

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Les 5 combattants prêts à en découdre

Adrenaline ne prend pas uniquement la voie toute tracée de l’ameristrash que le thème aurait pu réclamer et propose en plus un aspect gestion de ressources très bien intégré dans le thème. La carte est divisée en zone de couleur, elles-mêmes divisées en cases. Sur certaines cases (une par zone) il y a un téléporteur et un distributeur de flingues. Sur les autres, il y a un pion face caché (munitions et/ou équipement). Pour arriver sur la carte, vous piocher deux cartes équipements, l’une est à conserver, l’autre vous indique la couleur du téléporteur où vous arrivez. Dans le premier tour vous pouvez prendre une arme en payant le coût indiqué (les fameux cubes de couleur).

Boum, plus d’un cœur va faire boum

Le tour de jeu d’un joueur est extrêmement simple à mémoriser. On peut réaliser deux actions parmi les suivantes (à la dénomination explicite) : courir partout, prendre des trucs, tirer sur des gens. Adrenaline n’utilise pas de jets de dés. A chaque fois que vous dégainez vous faites mouche et la cible subit les dommages indiqués sur la carte. Chaque arme dispose en effet de dommages et effets uniques. Avec 21 armes différentes (dont les emblématiques Rail Gun, Gant cybernétique et Lance-roquettes) il va malheureusement falloir une première partie un peu laborieuse pour mémoriser tous ces effets représentés par des icônes.

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La mise en place est très rapide malgré la profusion de matériel

Très rapidement cependant l’arsenal devient familier (d’autant plus qu’il n’y a que 9 flingues en jeu par défaut). Quand vous récupérez une arme dans le distributeur vous ne payez pas le premier cube et elle arrive dans votre main « chargée ». Dès que vous l’utilisez, elle doit être rechargée et pour le coup vous payez la totalité (du coût). Selon les armes il est donc parfois plus intéressant de les utiliser une fois puis de les remplacer. Pour recharger, c’est très simple il faut dépenser les munitions de la couleur requise. On en récupère sur le plateau de jeu grâce à l’action prendre des trucs. On peut aussi dépenser des équipements pour récupérer une munition. Bref, c’est complet, rapide et surtout jamais frustrant.

Supreme Humiliation

Adrenaline ne se contente pas d’une mécanique bien huilée et d’une micro gestion omniprésente. Le système de répartition des dégâts est presque un jeu dans le jeu. Chaque personnage dispose d’une fiche sur laquelle seront posés les pions de dégâts subis. Chaque pion est de la couleur du tireur et c’est important car quand un joueur succombe (mais revient dès son prochain tour) les points de victoire sont attribués selon différents critères : celui qui a touché le premier, celui qui a fait le plus de dégâts, etc. Pour garantir la nervosité du jeu, quand vous subissez des dégâts vous obtenez des versions améliorées de vos actions, les actions adrenaline. Là encore c’est aussi simple qu’efficace et cela maintient la tension et favorise les retournements de situations. Une situation qui sera tendue jusqu’au final puisque pour le dernier tour les joueurs intacts retournent leur fiche et tous bénéficient d’une fiche d’action en mode frénésie pour marquer un maximum de points.

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Violette et sa fiche de référence + fiche d’actions

On empoche ainsi entre 8 et 2 points selon sa position sur le tableau des distributeurs de dommages auxquels s’ajoutent des bonus. Dès que le joueur succombe on pose l’un des crânes de la piste Coup Fatal sur sa fiche de score. Désormais sa valeur est moindre et on a donc intérêt à tirer sur tout le monde. Cette mécanique est vraiment efficace pour garantir que tous les joueurs seront explosés avec la même équité. Tout aussi juste, on peut s’acharner sur une cible, c’est-à-dire lui faire subir plus de dégâts que nécessaire pour qu’il succombe. Marquer des points c’est bien, le faire avec style c’est encore mieux. Lors du décompte final ces petits bonus ont toute leur importance. En contrepartie vous êtes « marqué » par votre victime ivre de vengeance. Le prochain dégât qu’il vous infligera sera amplifié.

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Violette a subi des dégâts de la part de tous les joueurs. Le crâne indique qu’elle est déjà morte une fois et rapporte donc moins de points.

 

Une excellente surprise

Je ne vais pas vous mentir, la boite d’Adrenaline ne me faisait pas de l’œil. La faute à une illustration qui ne rend pas justice aux mécaniques du jeu. Dans son genre (baston générale) le jeu parvient à proposer un niveau de contrôle bien dosé. Pour autant le jeu ne se veut pas calculatoire (même si cet aspect dépend de votre groupe de joueurs). C’est clairement la superposition de plusieurs bonnes idées qui lui donne autant de saveur et d’efficacité. Gestion de vos munitions, règles de combats simples, décompte des points, Adrenaline est très riche, beaucoup plus riche que son thème ne le laisse supposer. Le jeu fait tout pour que l’incertitude plane jusqu’au bout ce qui rend les combats intenses et les dernières actions de plus en plus décisives. Bref, à essayer si vous êtes à la recherche d’un jeu d’affrontement à plusieurs efficace.

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Le robot est fan de roborally mais ça n’a aucun rapport !

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